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L'ISO 50001 en questions : les réponses d’un formateur expérimenté

Publié le 14 Novembre 2016


A l’heure où se tient la COP 22, Eric Vanin, ingénieur et consultant formateur chez AFNOR Compétences, revient sur les questions les plus fréquemment posées lors des formations qu’il dispense sur l’ISO 50001, la norme volontaire internationale cadrant les systèmes de management de l’énergie.

 

A lire également : sa tribune sur l’ISO 50001 et les économies d’énergie.


"Quels sont les points-clefs de ma revue énergétique ?"

Au cœur de l’ISO 50001, la revue énergétique consiste à réaliser un inventaire complet des usages énergétiques de votre organisme, c’est-à-dire les activités où de l’énergie (gaz, fioul, électricité, etc.) est consommée. Ces usages doivent tenir compte de toutes les conditions de fonctionnement du site, y compris les modes dégradés ou d’urgence. Ils doivent ensuite être hiérarchisés, pour retenir les plus significatifs, ceux sur lesquels il faudra agir en priorité pour diminuer la consommation. Il est également important de considérer les usages énergétiques passés et d’estimer les futurs, pour mettre en évidence la dynamique d’amélioration de la performance énergétique et de diminution des consommations. L’exercice implique de déterminer quels sont les leviers de cette amélioration : bonnes pratiques, éco-gestes, actions simples pouvant générer des gains énergétiques, et donc financiers, rapides. Pour mesurer les progrès, il faut déployer des indicateurs de suivi. Enfin, à l’issue de l’exercice, une consommation de référence sera déterminée, pour tenir compte de paramètres pouvant l’influencer, comme les conditions de température externe, les conditions de production, etc.


"Comment bien prendre en compte les aspects techniques de ma revue énergétique ?"

Cela nécessite un important travail de terrain, activité par activité, en considérant les différents équipements mis en œuvre. Et cela, en ayant à l’esprit le souci de bien communiquer et d’impliquer tous les acteurs, y compris des acteurs externes, pour prendre les bonnes décisions. Par exemple en investissant dans des solutions techniques éligibles aux certificats d’économies d’énergie (CEE).


"Comment être sûr que ma revue énergétique est exhaustive ?"

Pour être complète, la revue énergétique nécessite une méthodologie formalisée. Elle commence par la constitution d’une équipe « énergie », qui rassemble différentes fonctions de l’entreprise, comme les achats, l’informatique, la R&D, les moyens généraux, la maintenance, les travaux neufs, l’environnement, la production ou encore les services financiers. Ensemble, ces personnes identifient et caractérisent les usages énergétiques, choisissent les priorités d’actions, évaluent la disponibilité des ressources et déterminent les objectifs. Remise à jour régulièrement, la revue énergétique doit, pour rester cohérente, intégrer les changements influant sur les consommations d’énergie. Enfin, le fait de prendre en compte tous les modes de fonctionnement (fonctionnement de jour, de nuit, périodes de pointe ou de sous-activité, saisonnalité, etc.) est un gage d’exhaustivité.


"Jusqu’où puis-je aller concernant mes sous-traitants ?"

Dans le cadre de votre système de management ISO 50001, vous devez identifier et maîtriser les consommations énergétiques de vos sous-traitants travaillant, par exemple ceux que votre organisme sollicite pour la production ou des prestations de transport. Vous pouvez ainsi exiger d’eux de bonnes pratiques en la matière, via les appels d’offres, les cahiers des charges ou les contrats. Ces critères peuvent ainsi être basés sur les dépenses énergétiques, les classes énergétiques de leurs équipements, l’existence d’un programme d’éco-conduite ou des prescriptions de motorisation de leurs véhicules. La surveillance peut s’exercer par des contrôles sur le terrain, des questionnaires ou des audits.


"Quelle attitude doit adopter ma direction dans un projet ISO 50001 ?"

Cohérence, exemplarité et réalisme : ce sont les trois règles à respecter lorsque la direction engage la démarche de certification ISO 50001. Il lui faut également rester ouverte aux solutions innovantes et à l’écoute de ses fournisseurs d’équipements ou d’énergie, qui peuvent proposer des alternatives intéressantes. La revue de management périodique est l’outil-clé de la direction. Elle doit être menée avec rigueur. Cela permet d’évaluer la performance de votre entreprise et de communiquer sur les améliorations constatées.


"Comment mobiliser l’ensemble de mes collaborateurs ?"

Commencez par faire le lien avec vos activités quotidiennes, en montrant l’importance que peuvent revêtir des gestes simples sur la consommation d’énergie. Autre astuce concrète : illustrer quels investissements sont rendus possible grâce à la diminution de la facture, comme par exemple la création d’une salle de repos ou l’achat d’équipements pour le bien-être des salariés. Enfin, n’hésitez pas à mettre en place des formations, par exemple sur l’éconduite, diffuser les bonnes pratiques et écouter les suggestions des collaborateurs.


"Quelles synergies existent avec ISO 14001 ?"

Elles sont nombreuses : mener de front ISO 14001 et ISO 50001 reste tout à fait possible, l’une concernant l’environnement de façon générale, l’autre la consommation énergétique en particulier. Un responsable environnement peut gérer ces deux démarches, en créant des indicateurs communs et en s’assurant que les investissements de l’entreprise et le choix des prestataires sont réalisés en parfaite cohérence avec elles.


"Quelle est la valeur ajoutée de l’ISO 50001 ?"

L'ISO 50001 vise à augmenter la performance et diminuer les consommations d’énergie. Elle améliore la compétitivité de l’entreprise et lui donne un avantage concurrentiel sérieux. Faire des économies, certes, mais en veillant aux arbitrages ! Il ne s’agit pas de générer des gains énergétiques au détriment des aspects opérationnels ou de la sécurité. Pour prendre un exemple simple, décider de réduire l’éclairage dans certains secteurs d’un site peut augmenter l’accidentologie, en raison d’un manque de visibilité.


"Quels sont les bons indicateurs de performance énergétique ?"

Un bon indicateur de performance énergétique se construit en choisissant des critères pertinents. Ces critères doivent refléter l’activité de l’organisme, par exemple un nombre de pièces produites, un nombre d’occupants de locaux sur une superficie donnée, un poids transporté sur une distance donnée. Ensuite, c’est le travail d’interprétation et d’analyse de tendances qui apporte de la valeur ajoutée. Vos indicateurs de performance énergétique doivent trouver leur place dans le panel global des indicateurs de management de l’entreprise, et être exploités en synergie avec eux.


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